Reconversion d’un site industriel

La ZAC La Courrouze s’aménage sur des friches industrielles et militaires. Avant d’entamer sa nouvelle vie, il faut faire place nette. Le terrain doit être assaini des pollutions issues des activités antérieures.
 
Déconstruction et récupération

Au cours du premier trimestre 2007, plusieurs programmes de déconstruction ont été conduits. A commencer par l’usine Langlois, courant février, suivie de la démolition partielle des établissements de Giat Industrie, puis de la déconstruction du secteur Lyautey et du château d’eau près de la rocade, en avril 2008. (voir la vidéo).
La déconstruction des bâtiments du secteur Maisons dans les bois a débuté au 2e trimestre 2008.
Quelques bâtiments seront aussi détruits dans le secteur Grande Prairie sur le passage du site propre bus.
Les matériaux récupérés après la déconstruction des bâtiments existants sont recyclés. Un broyeur est installé sur le site. Le béton récupéré est réduit en granulat pour être réemployé dans la voirie à créer dans le futur quartier.
 

Dépollution

Où étaient les lieux pollués ?

plan dépollution à la Courrouze

1.
Site Langlois, dépollution industrielle
2. Secteur Lyautey (zone militaire), dépollution pyrotechnique
3. Giat Industrie (partie Est), dépollution industrielle

Sur La Courrouze se développaient des activités militaires et des activités industrielles. On retrouve les lieux pollués à l’emplacement de l’ancienne douillerie du Giat, au nord (futurs secteurs Bois Habité et Cleunay) au sud de la voie ferrée, sur l’emplacement de l’ancienne usine Langlois et à l’Ouest de la ZAC, au futur emplacement du parc au Nord des Dominos, lieu d’exercice de tir de l’armée.
Quels sont les polluants présents ?

Les études pré-opérationnelles menées dans le cadre de la ZAC ont mis en évidence la présence de zones de pollution de deux types :
- Une pollution pyrotechnique sur une partie des terres militaires ;
- Une pollution industrielle pour partie sur les terrains militaires ainsi que sur une partie des terrains industriels privés.

Une étude détaillée des risques (EDR) conduite en 2005 par la société Ortec a révélé la présence d’éléments métalliques issus de la fabrication de munitions et de terres souillées aux hydrocarbures avec par endroit la présence de métaux lourds tels le plomb, le zinc, l’argent, l’antimoine, le nickel.

Compte tenu de cette situation, l’aménageur a mandaté la société spécialisée HPC Envirotech afin que celle-ci procède à des analyses complémentaires.
 

Quels sont les traitements effectués ?


Dépollution industrielle
Les actions de dépollution ont été engagées début 2007 sur le site GIAT Industries. Celles engagées sur le secteur du Bois Habité sont en cours d’achèvement. Elles ont été conduites par la société HPC ENVIROTEC. Cette entreprise a analysé les terres, sur une profondeur variant de 0,8 mètres à environ 3,8. HPC Envirotec définit la méthodologie de dépollution et encadre les travaux réalisés par des entreprises spécialisées.
Le secteur de Grande prairie sera dépollué par son propriétaire, l’armée.

Il va de soi que les polluants sont traités afin d’obtenir des concentrations inférieures aux seuils admissibles pour l’usage envisagé. Ces traitements se font sous le contrôle d’un maître d’œuvre spécialisé indépendant, de la Préfecture d’Ille et Vilaine et des services sanitaires (DRIRE, DDDASS, etc..)(voir plus bas).

Dépollution pyrotechnique
Les services de déminage du ministère de l’Intérieur (protection civile) procèdent à la dépollution pyrotechnique complète, parcelle par parcelle des anciens terrains militaires, depuis début 2007.
Sur le secteur Lyautey (futurs Dominos), le sol a été exploré jusqu’à 2,50 m de profondeur.
Maisons dans les bois a été déminé en novembre 2007.
Le secteur de La Grande Prairie sera déminé en totalité en juin 2008.
Des attestations de non pollution sont remises à Territoires au fur et à mesure que les terrains militaires sont vendus à l’aménageur.

L’évacuation
Une partie des polluants, 10 300 tonnes de terres, a été évacuée en centre de traitement agréé, près de Laval. Ce mode de traitement a été stoppé. Sa poursuite aurait nécessité les trajets de 1200 camions. Une dépense de près d’1,5M€ et un bilan carbone de 62 tonnes de CO2. La préfecture et Territoires ont estimé que l’évacuation des terres souillées pour confinement à une centaine de kilomètres de l’opération n’était pas conforme à l’esprit « haute qualité environnementale » du projet.
Un autre mode de gestion a donc été envisagé en accord avec la préfecture et Territoires : le confinement sur place.

Le confinement en local
10 500 tonnes de terre seront confinées sur site, dans un merlon paysager qui se situera le long de la rocade, au Nord des Dominos, où il jouera le rôle d’un merlon anti-bruit (protection phonique).
Un lit de sable, trois membranes étanches viendront entourer ce merlon, qui sera couvert de terre végétale et planté. Les techniques utilisées pour ce confinement sont identiques à celles utilisées dans un centre d’enfouissement technique.

Cette solution présente l’avantage d’isoler ces matériaux souillés tout en permettant leur surveillance. Des mesures de contrôle viendront compléter le dispositif afin que le suivi de cet ouvrage soit assuré.
L’historique du site sera connu et sa trace conservée dans les documents d’urbanisme (PLU). La sécurité sera ainsi assurée pour les futurs habitants et les riverains.

Une dépollution sous surveillance
Toutes les opérations de dépollution respectent la circulaire ministérielle du 8 février 2007 sur la gestion des sites et sols pollués actuellement en vigueur.

Pour La Courrouze, l’Etat a demandé que les concentrations de polluants, restant éventuellement sous les secteurs urbanisés, soient inférieures aux seuils admissibles. Car les contraintes de dépollution sont variables, en fonction de l’usage futur du terrain, de la nature des sols et des polluants. Des règles particulièrement strictes sont appliquées dans les zones destinées à accueillir de l’habitat et des équipements publics. Et plus strictes encore lorsque les futurs bâtiments seront des crèches ou des maisons de retraites.

L’aménageur s’est engagé pour le respect de ces normes, sous le contrôle d’un tiers expert, et fait valider le résultat des analyses effectuées, par la Direction Régionale de l'Industrie de la Recherche et de l'Environnement (DRIRE), la Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales (DDASS) et la Préfecture d’Ille et Vilaine.
 
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